Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, Chers Amis, permettez-moi de dire quelques mots à l’occasion du 65ème anniversaire de la libération du camp de concentration de se Dachau.
Josef Χapek, célèbre artiste tchèque, peintre, écrivain, photographe, graphiste, illustrateur de livres, critique d’art et traducteur dont l’œuvre artistique est honorée par l’ensemble du monde culturel, a également été l’un des premiers détenus du camp de Dachau. Le monde lui doit le mot ROBOT. Josef Χapek fut déporté à Dachau le 9. septembre 1969, puis ont suivi Buchenwald, Sachsenhausen et Bergen-Belsen où il mourut d’épuisement à la fin de la guerre.
En souvenir de cet artiste, je me permets de remettre au Mémorial de Dachau le catalogue de ses œuvres édité lors de l’exposition sur l’ensemble de sa création culturelle (Prague, 2009-2010). Une observation: Josef Χapek était le frère de Karel Χapek, écrivain, dramaturge, journaliste et traducteur de renommée mondiale. Une preuve de l’opposition des deux frères face à la montée du fascisme : Josef Χapek fut arrêté par la Gestapo le 15 mars, le premier jour de l’occupation de la Tchécoslovaquie. Karel Χapek n’était déjà plus de ce monde, il est mort le 25 décembre 1938, échappant ainsi aux souffrances de son frère.
Le camp de Dachau fut libéré le 29 Avril 1945 par l’armée américaine. Après la quarantaine forcée, les anciens déportés revinrent chez eux, donc en Tchécoslovaquie. Dans de nombreux cas, ils ne savaient pas s’ils allaient revoir leurs parents proches et ceux-ci ne savaient rien non plus du sort de leurs proches. Afin de venir an aide aux deux parties, débuta le 30 mai 1945 sous l’égide du gouvernement, la publication du bulletin « Service aux rapatriés ». La seule série complète de ce matériel est conservée à la bibliothèque nationale de Prague. J’ai fait faire des copies de ce bulletin pour le camp de concentration de Dachau et ses kommandos extérieurs. Permettez-moi de remettre également ces copies au Mémorial.
Pour finir, j’aimerais transmettre un cordial salut de la part de mon ami, ancien déporté de quelques camps de concentration, à commencer par Theresienstadt, Auschwitz et qui, vers la fin de la guerre, a été envoyé à Dachau par la machinerie nazie mais n’y est jamais arrivé. Il s’est en effet évadé en avril 1945 du convoi de la mort de Buchenwald à Dachau. Il parvint à Prague où il participa à l’insurrection de Prague et y termina la guerre. Cordiales salutations de l’écrivain tchèque Arnoσt Lustig.